Agriculture bio / Agro-foresterie
- Florence Gourret
- 15 juil.
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 18 juil.
— La vie au service de la vie
Il y a des mots qui arrivent et ne repartent plus.
C'était en Irlande. J'écoutais une conférence d'une psychologue aux dons extraordinaires. Et soudain, un mot a surgi — syntropy. Je suis rentrée chez moi avec ce mot, comme on rentre avec quelque chose de précieux qu'on ne comprend pas encore.
J'ai cherché. J'ai lu. Et j'ai trouvé.
La syntropie — syn, ensemble, tropos, tendance — est le principe opposé à l'entropie. Là où l'entropie disperse, dissout, détruit, la syntropie rassemble, organise, crée de l'ordre à partir du chaos. Dans la nature, ce principe est à l'œuvre partout — particulièrement dans les forêts.
Ce mot a changé quelque chose en moi. Il a nommé ce que je pressentais depuis longtemps.
Depuis l'âge de 19 ans, mon corps m'avait déjà enseigné que la vie naturelle était la seule réponse durable. Les déséquilibres hormonaux, les douleurs — mon corps parlait. Et quelque chose en moi savait que la réponse ne viendrait pas d'une boîte de médicaments mais de la terre, de ce qu'elle donne, de ce qu'elle sait.
La syntropie avait enfin un nom.
De cette révélation est née, des dizaines d'années plus tard, une conférence — organisée, animée et présentée au centre de yoga Life Particle à Dublin. Une conférence en trois parties, une exposition photographique, un échange ouvert. Et une invitée extraordinaire : Mary Reynolds, paysagiste irlandaise, plus jeune lauréate de l'histoire du Chelsea Flower Show, auteure de The Garden Awakening.
Mary m'a dit oui.
"The Land doesn't belong to us — but we are responsible for its growth and its regeneration."
Cette phrase de Mary est devenue le cœur de la conférence. Elle dit en une ligne ce que des années de recherche tentent de démontrer — nous ne sommes pas propriétaires de la terre. Nous en sommes les gardiens.
La forêt de Białowieża en Pologne — la dernière forêt primaire d'Europe, 10 000 ans d'existence — en est la démonstration brutale. En 2016, le gouvernement polonais a autorisé l'abattage massif de ses arbres sous prétexte de combattre le scolyte de l'épicéa. Mais la science était claire : le scolyte n'attaque que les arbres affaiblis, stressés, déshydratés. Une forêt saine produit sa propre résine, ses propres défenses. Une forêt industrielle, appauvrie par la monoculture, ne peut plus se protéger.
Le scolyte n'était pas le problème. Il en était le symptôme.
Comme dans le corps humain. Comme dans nos vies.
Les arbres et les champignons communiquent — les arbres fournissent le sucre, les champignons fournissent les minéraux. Ce qui se reçoit, ce qui se transmet. Même dans la forêt.
"We have a life to nurture life."
Cette phrase finale de la conférence est celle qui reste. Elle dit tout. La vie au service de la vie — pas la vie au service du profit, pas la vie au service de la peur, pas la vie au service du contrôle.
La syntropie n'est pas un concept scientifique abstrait. C'est une façon de vivre.
de Florence Gourret, Directrice/Fondatrice de Maison Bien-Etre LaHoChi, www.maisonbienetrelahochi.fr
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