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Bio, local, sans gluten... et pourtant malade

  • Florence Gourret
  • 10 juil.
  • 5 min de lecture

-Ce que la santé métabolique change à tout ce qu'on croyait savoir


Pendant dix-huit ans, j'ai mangé végétarien. Bio à 90%. Fait maison. Repas préparés et emportés au travail. Pas de fast-food, pas de plats industriels, pas d'excès. Je cuisinais avec soin et intention. Je respectais toutes les recommandations — celles des médecins, des nutritionnistes, des livres de santé.

Bio. Local. Sans gluten. Sans additifs.

Et pourtant, mon corps se dégradait.

Lentement, silencieusement, sur plusieurs systèmes à la fois — digestif, hormonal, cutané, ophtalmique, bucco-dentaire, neurologique et cognitif, énergétique et psychique, circulatoire. Des symptômes que la médecine conventionnelle traitait séparément, sans jamais voir le fil commun. Des examens sans conclusion définitive. Des années de bonne volonté nutritionnelle — et une santé qui continuait à se détériorer.

Ce n'était pas le stress. J'ai toujours su trouver le silence et le recul dont j'avais besoin — c'est dans ma nature. Ce n'était pas la négligence.


La révélation des 19 ans

Depuis l'apparition de mes premières règles, mon corps s'était transformé — et pas de façon douce. Des menstruations irrégulières, épuisantes, douloureuses au point de me plier en deux parfois. Des douleurs abdominales et rénales. Des règles qui duraient jusqu'à sept jours. Chaque mois, la même hantise — savoir que mon corps physique, hormonal, mental, énergétique et psychique allaient en pâtir.

À 19 ans, je consulte une gynécologue. Elle me prescrit des hormones artificielles pour réguler. Quelques mois plus tard, sans réel progrès, j'observe mon corps se transformer à nouveau. Différemment. Et cette transformation-là, je ne l'ai pas supportée.

J'ai tout arrêté du jour au lendemain.

Pendant un an, mes menstruations se sont arrêtées. Puis elles sont revenues naturellement — avec les mêmes symptômes qu'avant. Mais quelque chose d'essentiel avait changé en moi.

Cet épisode m'a donné une conviction qui allait guider toute ma vie : tout ce qu'on ingère — solide ou liquide — a un effet sur le corps. Et ce qui affecte le corps affecte l'environnement. Et vice-versa.

Prendre soin de moi et prendre soin de la planète n'étaient pas deux choses séparées. Ils étaient liés intrinsèquement. Cette prise de conscience, à 19 ans, a été l'acte fondateur de tout ce qui a suivi.


L'Irlande et le végétarisme — un choix guidé, pas idéologique

Quand je suis arrivée en Irlande à 25 ans, je portais cette conviction avec moi — et une question toujours sans réponse : comment réguler mon corps par l'alimentation ?

Je prends un cours de macro-biotique, très en vogue à l'époque. L'enseignante et professionnelle de santé est formelle : arrêter la viande, et surtout la viande rouge. C'est le chemin vers l'équilibre hormonal, dit-elle.

Je l'écoute. Je me plonge dans la littérature végétarienne. J'apprends à me nourrir sans viande, sans protéines animales. Sérieusement, rigoureusement, avec toute la bonne volonté du monde.

Je le ferai pendant dix-huit ans.

Ce détail est important : je ne suis pas devenue végétarienne par idéologie. Je l'ai fait pour me soigner. Sur conseil d'une experte. En cherchant sincèrement à aller mieux.

C'est ce qui rend cette histoire universelle — je n'ai pas fait n'importe quoi. J'ai fait exactement ce qu'on m'a dit de faire. Et pourtant.


La fausse piste

Soyons clairs : je suis toujours partisane du bio. Pour moi, c'est ce qui se rapproche le plus d'une nourriture saine — sans pesticides de synthèse, sans manipulation industrielle, respectueuse du vivant. Ce n'est pas le bio le problème.

Le problème, c'est le dogme nutritionnel qu'on nous a vendu depuis cinquante ans. La pyramide alimentaire des années 70, pro-glucides, anti-graisses saturées — celle que médias, agro-industriels et une partie du corps médical continuent de défendre comme vérité absolue, malgré les preuves qui s'accumulent contre elle. Cette pyramide vient d'ailleurs d'être officiellement inversée aux États-Unis, sous l'impulsion du nouveau ministère de la santé. Ce n'est pas anodin.


Des nutritionnistes mal formés à la santé métabolique, des messages marketing habillés en conseils santé, et une médecine conventionnelle qui traite les symptômes sans chercher la cause profonde — voilà ce qui nous piège. Pas le bio.

Un aliment peut être bio, local, sans additifs — et rester profondément inadapté à votre métabolisme. C'est là que la distinction est essentielle. Tant qu'on n'ouvre pas les yeux sur la santé métabolique, on se fera piéger à chaque fois.


J'observais aussi quelque chose de plus large : autour de moi, dans ma famille, chez mes amis, dans la société en général, les gens ne mouraient plus de vieillesse. Ils mouraient de maladies chroniques. Cette épidémie silencieuse ne pouvait pas être une coïncidence.


Le signal du corps

En 2017, quelque chose s'est passé que je n'avais pas anticipé : mon corps a refusé la nourriture végétarienne. Physiquement. Je ne pouvais plus avaler ce que je cuisinais. Ce n'était pas un caprice — c'était un signal clair, presque brutal.

Le corps savait avant la tête.

J'ai réintroduit progressivement les protéines animales. D'abord du steak haché. Puis un retour à une alimentation omnivore sans gluten. Quand je suis rentrée en France en 2020, j'ai relâché — le gluten est revenu, les glucides aussi. Et l'état de santé a continué à se dégrader.

Alors j'ai cherché. Pendant deux ans, seule, j'ai lu, écouté, questionné, compris. J'ai rééduqué mon regard sur la nutrition — pas selon les dogmes officiels, mais selon les principes fondamentaux d'un bon métabolisme.


Comprendre avant de choisir : glucose ou cétones ?

La clé de ma transformation, c'est d'abord une compréhension : il existe deux carburants principaux pour le corps humain.

Le premier, le plus répandu dans notre alimentation moderne, est le glucose — issu des glucides, y compris ceux des aliments considérés comme "sains" : fruits, légumineuses, céréales complètes, miel, sarrasin bio...

Le second, ce sont les cétones — produits par le foie à partir des graisses, lorsque l'apport en glucides est suffisamment bas. C'est le métabolisme ancestral, celui sur lequel nos ancêtres ont prospéré pendant des millénaires.


Un métabolisme basé sur le glucose exogène en excès crée de l'inflammation chronique, des résistances hormonales, des addictions alimentaires — souvent émotionnelles — et une instabilité métabolique profonde. Basculer vers un métabolisme cétogène, c'est changer de carburant. Littéralement.

J'ai choisi le régime carnivore parce que je savais que je pouvais le faire et que c'était la transition la plus radicale et la plus nette pour mon métabolisme. Ce n'est pas la seule voie cétogène — mais c'est celle qui me convenait.


Le 31 janvier 2024

Ce jour-là, j'ai commencé. Seule. Sans soutien de la médecine conventionnelle. Avec la conviction que mon corps avait besoin de ce changement — et la connaissance pour le faire en sécurité.

En moins d'un an, 80 à 90% de mes symptômes ont disparu.

Je ne ferai pas la liste ici — elle est longue, et elle m'appartient. Ce que je peux dire, c'est que ces huit systèmes touchés depuis des années ont commencé à se rétablir dès que j'ai changé de carburant.

Ce que j'ai aussi découvert dans ce processus : mes addictions alimentaires. La boulimie de chocolat noir, de pain beurre, de biscuits — ce n'était pas de la gourmandise. C'était une dépendance au glucose, souvent déclenchée par des états émotionnels. En la coupant, j'ai retrouvé une stabilité émotionnelle que je n'avais pas connue depuis longtemps.

Les résultats physiques sont venus sans que je les cherche : 6 kilos perdus en 8 semaines, fin de la rétention d'eau, disparition de la cellulite sur mes cuisses, apparition de muscles que je n'avais pas même à l'adolescence sportive. Mon corps s'est révélé.


Aujourd'hui

Je me lève avant l'aube. Je bois ma tisane d'hysope et de graines de coriandre — une préparation que les Esséniens utilisaient, contemplative, face au soleil levant. Puis mes œufs, puis ma viande. Simple. Ancré. Efficace.

Je me sens mieux dans mon corps qu'à l'adolescence ou à trente ans. J'ai de l'énergie à revendre. Une lucidité accrue. Un optimisme serein. Je me sens belle et bien.

Ce n'est pas une promesse universelle. Je ne dis pas que le régime carnivore convient à tout le monde. Ce que je dis, c'est que mon corps avait besoin de ça — et qu'il me l'avait dit bien avant que je l'écoute.

La prochaine fois, écoutez votre corps. Même quand il dit quelque chose que personne autour de vous ne comprend encore.


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