Corps de carbone, corps de lumière — et moi, entre les deux
- Florence Gourret
- 10 juil.
- 4 min de lecture
La dimension spirituelle de l'alimentation
J'ai toujours cru que j'étais un arbre planté à l'envers.
La plupart des gens naissent, plantent leurs racines, forment leur tronc, puis grandissent leurs branches. Moi, je suis arrivée sur Terre avec mes branches déjà déployées — la vision, la sensibilité, la connexion aux plans subtils, la capacité à sentir ce qui ne se voit pas. Mais sans racines. Sans cette assise fondamentale dans la matière qui permet à tout le reste de tenir.
Pendant des décennies, j'ai flotté. Riche en haut, instable en bas.
Ce que j'ai compris progressivement — par le corps, pas par la tête — c'est que je devais chercher la terre. Littéralement.
Les mains dans le sol
En 2020, j'ai fait un choix que beaucoup n'ont pas compris : je me suis investie dans le maraîchage bio. Par conviction idéologique et environnementale, oui. Mais aussi — et je le comprends mieux aujourd'hui — par un besoin profond d'ancrage dans la terre. Physiquement. Concrètement. Les mains dans le sol, la boue sous les ongles, le rythme des saisons dans le corps.
L'arbre planté à l'envers qui décide d'aller chercher la terre lui-même.
Ce n'était pas encore suffisant. Mais c'était le début.
Le corps de lumière et sa promesse
Il existe une vision que je porte depuis environ trois ans, qui a profondément éclairé ma compréhension de l'alimentation. Une vision qui dit que le corps humain est en pleine transformation — pas seulement physiologique, mais vibratoire, cellulaire, spirituelle.
La transition carbone-cristallin.
Dans les traditions ésotériques chrétiennes, on parle de Corps de Lumière ou Corps Christique. Dans le bouddhisme vajrayana, de Corps de Diamant. Dans les courants spirituels contemporains liés à l'Ascension, on parle de transformation cellulaire — le corps dense, carboné, matériel, qui se raffine progressivement vers une structure cristalline, capable de capter et de transmettre des fréquences plus élevées.
Dans cette cosmologie, l'alimentation a un rôle précis. Les plantes fraîches, nourries par la photosynthèse, portent la lumière solaire directement dans les cellules. Elles seraient les aliments les mieux adaptés à un corps en cours d'élévation vibratoire. La chair animale, dense, porteuse de la fréquence de la mort, freinerait ce processus. À terme, les humains évolués ne se nourriront plus de matière — mais de prana, de lumière pure.
C'est beau. C'est cohérent. Mon corps, lui, avait un autre avis.
La contradiction vivante
Je ne dis pas que cette vision est fausse. Je dis que mon expérience l'a mise à l'épreuve — et que le résultat m'a obligée à penser plus finement.
Dix-huit ans de végétarisme bio, consciencieux, spirituellement intentionné. Et un corps qui se dégradait système après système, silencieusement. Jusqu'à ce qu'il refuse physiquement la nourriture végétale — un signal si fort, si corporel, qu'il était impossible de l'ignorer.
Quand j'ai adopté le régime carnivore le 31 janvier 2024 — mon corps s'est mis à guérir. Rapidement. Profondément. Et ma clarté mentale, ma stabilité émotionnelle, ma lucidité — tout ce qu'on associerait à une élévation vibratoire — se sont elles aussi améliorées.
Comment réconcilier les deux ?
Une hypothèse — descendre pour monter
Peut-être que la transformation vers un corps de lumière n'est pas un chemin droit. Peut-être qu'elle exige d'abord une fondation — un corps réparé, reminéralisé, ancré dans sa densité physique. Un corps qui a récupéré les outils dont il a besoin pour tenir la fréquence haute.
Forcer la légèreté avant que le corps physique soit prêt produit l'effet inverse — un appauvrissement progressif, une dégradation déguisée en élévation.
Le corps ne suit pas les idéologies, même les plus belles. Il dit ce dont il a besoin, maintenant, ici, dans cette incarnation.
Et pour moi — arbre planté à l'envers, arrivée sur Terre avec mes branches mais sans racines — le carnivore a été ce que la terre avait été pour mes mains en 2021. Un ancrage. Un retour à la densité. Une reconquête de la matière qui me manquait depuis toujours.
Je suis convaincue que ce passage est essentiel pour ancrer le LaHoChi — pour que la lumière que je transmets ait un canal solide pour passer. Le LaHoChi circule à travers un corps. Plus ce corps est ancré, nourri dans sa densité physique, plus la lumière peut traverser fort et juste.
Descendre plus bas pour monter plus haut.
Ce que je vis déjà
Je me lève avant l'aube. Je bois ma tisane d'hysope et de graines de coriandre — une préparation essénienne, contemplative, face au soleil levant. Je me connecte à mes anciens compagnons. Je pratique le LaHoChi — ce mouvement de lumière et d'amour qui circule, rebondit, traverse sans être vu.
Je nourris déjà mon corps de lumière. Juste pas uniquement par l'assiette.
L'assiette fait un autre travail — tenir le temple en état. Pour que la lumière ait un endroit où habiter.
Une question ouverte
Je ne prétends pas avoir la réponse définitive. Cette tension entre la vision spirituelle et l'expérience corporelle est vivante en moi — et elle est productive.
Ce que je sais : mon corps va mieux qu'il n'a jamais été. Ma conscience est plus claire. Ma pratique plus profonde. Et quelque part dans tout ça, la viande et les œufs du matin n'empêchent pas le soleil de se lever.
Peut-être que la lumière se prend là où elle est — dans l'assiette, dans la tisane, dans le silence du matin, dans les mains qui soignent.
L'arbre planté à l'envers a trouvé sa terre. Il peut maintenant laisser monter la sève.
de Florence Gourret, Directrice/Fondatrice de Maison Bien-Etre LaHoChi. www.maisonbienetrelahochi.fr
Commentaires